Extraits du témoignage de Jacques Borel (H.50)


Dans quel contexte avez-vous fait HEC ?

Mon père était polytechnicien et aurait aimé que je sois également diplômé de Polytechnique. Mais je lui ai dit que je ne ferai pas l’X car je n’étais « que » bon en mathématiques (or il faut être excellent) et que j’étais bon en commerce.


Et le concours d’entrée ?

J’ai été le dernier admissible mais j’ai été major à l’oral. Je suis donc rentré à HEC à la 57e place. Pendant trois ans, j’avais assisté aux oraux du concours HEC et étudié les examinateurs. Cela m’a aidé à anticiper les réponses à apporter ! Le concours était très difficile. Ce ne sont pas les épreuves qui étaient difficiles mais le nombre de concurrents.


Parlez-nous des professeurs ?

Je me souviens de Monsieur Carré, un professeur de technologie extraordinaire. Il nous avait enseigné le « broyeur à boulet ». Je me suis plutôt tourné vers l’informatique qui, en 1947-1950 en était à ses balbutiements.

Monsieur Rouast, professeur de droit civil, était un très grand civiliste. Le droit m’a toujours passionné (notamment le droit romain). Il y avait huit cours de droit différents à HEC. Le Directeur d’HEC était Monsieur Maxime Perrin. Son fils, Jean-François Perrin, très brillant, était de notre promotion. Maxime Perrin a eu l’intelligence d’aller dans tous les lycées de France pour créer des prépas HEC. J’étais allé le voir pour lui demander l’autorisation d’aller trois mois aux Etats-Unis en 1948 (ce qui impliquait que je « sèche » les cours d’HEC pendant un mois).


Et de vos camarades de promotion ?

Bernard Long, dont le père était lui aussi polytechnicien et que je connaissais avant HEC (car nous avions fait la prépa ensemble au lycée Carnot), est devenu le parrain de mon fils aîné (Patrick). Il était bon en tout. Il est rentré major à HEC et en est sorti second. Je suis toujours ami avec Louis Flaive qui est rentré second à HEC et en est sorti major.

En tout je connaissais à l’école 150 camarades et suis resté lié avec la plupart d’entre eux : vu mon métier de restaurateur, j’ai organisé des dîners de promotion pendant 20 ans.

Mon ami Raymond Groleau a pu faire la prépa au lycée Carnot et trois années d’étude HEC grâce à une bourse. A l’epoque, on ne parlait pas beaucoup des bourses d’études mais c’est pour moi l’action la plus importante de la Fondation HEC. 


Quels souvenirs gardez-vous du BDE et du Boom ?

J’étais engagé au sein du BDE en aidant mes camarades, notamment quand il y a eu le premier Boom en 1949. C’était Roger Touron qui était alors le président du BDE. Il avait eu l’idée de faire une kermesse avec des comptoirs. En 1949, je m’étais occupé d’un comptoir : « Le Broadway Cocktail ». L’année suivante, en 1950, j’étais chargé des achats et de la publicité. Le boom nous a beaucoup marqués. Assurer la couverture publicitaire de cet événement était un énorme travail. J’ai dû faire au moins 150 visites (en 1950).


Votre meilleur souvenir à HEC ?

Je me souviens de Monsieur Maxime Perrin entrant dans l’amphithéâtre où les trois cents étudiants faisaient un peu de bruit en disant « Amis, quelle est la raison de cette alacrité ? » (ce qui avait calmé les étudiants). On sentait que la moitié des étudiants à HEC allait faire quelque chose de brillant. Beaucoup de gens sortaient du commun.


Que représente HEC pour vous aujourd’hui ?

Aujourd’hui, HEC pour moi est la meilleure école d’Europe. C’est une école qui a la volonté d’apporter sans cesse des améliorations dans les cours enseignés, les professeurs, etc. On se met à rêver qu’HEC pourra rivaliser avec les grandes écoles américaines d’ici dix ans. Je suis à la fois satisfait et fier d’avoir fait cette école et j’ai de l’espoir concernant son évolution.


Si, vous aussi, vous souhaitez partager vos souvenirs, contactez :

Marianne Duval – Responsable des legs et autres libéralités : 01 39 67 98 87 – duval@hec.fr